Ibiza

L’unique

Ibiza fait partie de ces îles sur lesquelles on pense déjà avoir tout vu et tout entendu.
A combien de reportages sur ses débordements, son luxe ostentatoire ou sur sa nouvelle quête bien-être avons-nous déjà été exposés ? Tout comme Venise, elle est une destination unique et majoritairement décriée par ceux qui n’y sont finalement jamais allés.
Nous la parcourons régulièrement depuis 20 ans et franchement, on ne s’en lasse pas.
Découverte en initiés.

La première fois que l’on s’envole vers Ibiza, on s’interroge. Le nez plaqué contre le hublot, on la regarde tourner sous les ailes de l’avion. Les collines ondulent sous les forêts de pins. La côte est découpée en criques minuscules dont le turquoise de l’eau contraste avec les falaises ocre. L’île ressemblera-t-elle vraiment à la foule d’images déjà en tête ?
Dès l’atterrissage, il faut alors filer dans les terres du Nord pour en saisir l’âme singulière. C’est ici que l’on ressent en effet directement le coeur de l’île. Un rythme doux avec un style de vie propre, fondé sur la ré-appropriation du temps, en harmonie avec l’environnement.

Encore plus d’Ibiza

Le long-métrage « More », réalisé par Barbet Schroeder, est sorti sur les écrans en 1969, en pleine période hippie. La majeure partie de l’histoire se déroule à Ibiza. Il met en scène l’aventure d’un jeune Allemand qui découvre les plaisirs mais aussi l’enfer de la drogue, à l’initiative d’une Américaine dont il tombe amoureux. Tourné il y a une quarantaine d’années, ce film découvre l’île d’Ibiza encore vierge de toute urbanisation. Pink Floyd a signé l’ensemble de la bande originale. Idéal pour les amoureux de l’île qui regrettent de ne pas l’avoir connue à cette période.

On vous épargnera les images simplistes de « paradis de la décadence » ou « d’île des hippies ». Car Ibiza c’est avant tout une âme et un état d’esprit. Au-delà d’excès fortement médiatisés, l’île est un véritable havre de tolérance et de création. Ici chacun se côtoie avec bienveillance et sans jugement. A Ibiza, on a la liberté d’être soi et d’assister comme nulle part ailleurs à la coexistence pacifique et joviale de mondes incroyablement différents sur un territoire restreint. L’île est réservée aux ouverts d’esprit et aux humanistes. Les hippies avaient vu juste et pour le plus grand bonheur de tous, leur philosophie perdure.

La communion avec la nature très présente sur l’île se traduit aujourd’hui aussi dans son agriculture. On observe un véritable mouvement de retour à la terre avec la création de nombreuses fermes biologiques disséminées sur les terres d’Ibiza où l’on adore s’approvisionner en début de séjour. D’excellents restaurants pratiquant le farm-to-table ont aussi fleuri sur l’île, remplaçant avec brio les lieux show-off des décennies précédentes.

C’est en sillonnant d’ailleurs les petites routes de campagne de l’île, parfumées d’essence de pin, qu’on peut gagner les calanques paradisiaques qui ont fait la renommée d’Ibiza. Ici on bronze au chant des cigales et, qui plus est, si on le souhaite, dans le plus simple appareil.

A Ibiza, il n’y a aucune règle à suivre. Il existe cependant une véritable institution.
Un rituel incontournable sur l’île : le coucher de soleil. Il marque chaque jour la fin d’un autre jour au paradis : when the day and the night kiss.
On arpente alors pieds-nus les rochers pour observer ce moment à la beauté unique, acte presque spirituel rendant grâce aux joies qu’offre l’île.

L’appel des sirènes

On dit qu’Ibiza est une île magique, mais les pouvoirs d’Es Vedra sont bien plus puissants. La légende raconte que dans l’Antiquité, des sirènes attendaient sur les rochers pour attirer les marins, qui se jetaient à l’eau et se noyaient. Seul Ulysse, grâce à sa ruse, a pu leur échapper. Haut de 400 mètres, au-dessus de Cala d’Hort, il serait peut-être le troisième endroit le plus magnétique du monde. 

Avant de quitter l’île, une visite de Dalt villa, la ville haute, s’impose. Couronnée par son château et protégée par ses remparts, elle offre avec bonheur ses ruelles calmes et petites places ombragées aux flâneurs. Ce labyrinthe vertical a fasciné nombre d’intellectuels et écrivains tels que Camus et Prévert, qui, dès les années 1930, virent en Ibiza une terre d’exil, un refuge de paix et de sérénité.

En essayant de conclure cet article, je me remémore avec délectation mon tout premier séjour à Ibiza. Un couple dans une des criques de l’île lézardait langoureusement sur une rampe de halage. Leurs corps étaient minces et musclés, la peau tannée et subtilement tatouée. Les cheveux ébouriffés par le sel, entièrement nus comme Adam et Eve au premier jour, ils devisaient au soleil, avant de se rafraîchir à tour de rôle dans l’eau limpide.
« C’est la première fois que tu viens à Ibiza ? » me glisse-t-elle depuis l’eau.
« Oui », répondis-je.
« Alors tu reviendras », sourit-elle, « tu fais toi aussi dorénavant partie de cette île ».

Si elle savait…
Ibiza, peace & love. Forever.

Ibiza c’est

45 km de long par 25 km de large

Accessibilité
Capacité d’hébergement
Animation

Où se situe Ibiza ? Ibiza est l’une des 4 îles constituant avec Formentera, Minorque et Majorque l’archipel des Baléares, à l’est de l’Espagne.

Comment se rendre à Ibiza ? L’île dispose d’un aéroport international très bien desservi.

Comment se déplacer sur l’île ? Nous vous conseillons la voiture pour une première visite. Nombreux loueurs à l’aéroport. Pour les Mini Moke ou les Mehari, l’agence Ibiza Sunlight dépose le véhicule à l’adresse de votre choix.

Où dormir et se restaurer ? Il y a plus que l’embarras du choix sur Ibiza ! On évitera cependant les « grandes » villes bétonnées comme San Antonio, Evissa (sauf la vieille ville Dalt Villa) et Santa Eularia pour se tourner vers les plus petits villages. On préfère la partie nord de l’île plus rural chic entre les villages de San Miguel, Santa Gertrudis de Fruitera et Santa Agnes de Corona. Santa Gertrudis, le plus développé des 3 villages, constitue un très bon point de chute pour explorer l’ensemble de l’île. L’île regorge de locations saisonnières.

Quelques autres adresses sinon pour se loger :
Casa Maca, petit hôtel de charme avec vue sur Dalt Villa et un bon restaurant.
Au cœur d’Ibiza, l’agrotourisme Cas Gasi dans une ancienne ferme qui incarne avec perfection le caractère rustique et authentique d’Ibiza.
Uluwatu house, un B&B à l’esprit très cool dans le Nord de l’île. Il y a aussi une maison indépendante à louer.
Ibiza Campo, une finca entièrement rénovée de 80m2 subtile mélange rustico moderne au Nord de l’île.
Can Basso, une charmante finca restaurée dans les règles de l’art au Nord Est de l’île à San Carles.
Atzaró, adresse historique d’Ibiza qui a récemment fait peau neuve. Exit la déco asiatisante, so années 2000 et sa profusion de bouddhas, place au concept de natural luxury qui met à l’honneur l’essence baléarique de l’île.
Les Terrasses, mi-hôtel, mi-maison particulière, ce refuge de sérénité ouvert depuis 1988 est maintenant presque mythique. Sa propriétaire, Françoise Pialoux, a su insuffler à sa « finca » de campagne une ambiance particulière et familiale.
The Giri residence, intime, exclusif, cool, et sophistiqué. En pleine campagne, dans le charmant village de San Joan, tenu par un couple Danois passionné.

Il y a beaucoup de très bons restaurants à Ibiza, voici notre courte (si,si) sélection:
Aubergine, cuisine délicieuse directement du potager à l’assiette dans un cadre rural chic superbe.
Raco Verd, lieu de référence pour les locaux, adresse idéale pour faire le plein d’énergie au son de musique live dans une ambiance festive. À la carte, cuisine mexicaine colorée, tapas espagnols et cocktails innovants.
La Paloma, connu des initiés dans le micro-village de San Lorenzo, l’endroit le plus sauvage de l’île. Spot familial où s’attabler au milieu des orangers avec une cuisine délicieuse et raffinée. Une de nos adresses fétiches.
En plein cœur d’Ibiza, Re.art est l’un des meilleurs bars à tapas de l’île. Tous les incontournables de la cuisine espagnole sont là, interprétés de la manière la plus réjouissante qui soit. Un must pour tous les gastronomes.
Los Enamorados, le lieu instagrammable. Terrasse agréable à la décoration soignée pour diner au coucher du soleil. 9 chambres disponibles à l’hôtel.
La Escollera, le préféré des locaux sur les rives venteuses d’Es Cavallet. Restaurant de fruits de mer emblématique au charme décontracté et à l’ambiance espagnole à l’ancienne avec une vue incroyable sur l’île de Formentera. A tester : la paella de Yaya (le mot catalan pour grand-mère), qui était la première chose sur le menu lorsque le restaurant a ouvert ses portes. Un autre classique est le bar cuit au sel, à l’aide des produits récoltés dans les salines voisines.
The Camì de Balafia, situé dans le Nord est un restaurant authentique ibicenco sans prétention. Les locaux et habitués y reviennent sans cesse pour ses grillades et frites maison. Une cuisine sans chichis qui se goûte sous les lauriers roses et bougainvilliers de sa terrasse.
Cala Gracionetta, bar de plage sympa pour le déjeuner.
Le restaurant du Beach Club de la Cala Bassa, en bordure de plage au sud de l’île. Pratique quand les enfants veulent continuer à se baigner.
Cala Bonita, pour le déjeuner. La plage n’est pas dingue mais le restaurant les pieds dans l’eau vaut le détour. Décor rustique chic et bons petits plats d’influence méditerranéenne.
Es Bodaldo, restaurant traditionnel avec vue magique sur Es Vedra dans la Cala D’Hort.
Oleoteca Ses Escoles, une adresse de caractère qui cache en son sein plus d’une (bonne) surprise : une oléothèque mettant à l’honneur l’huile d’olive Can Miquel Guash et un patio à l’ambiance bucolique.
Bottega il Buco, à Santa Gertrudis. Carte courte axée autour d’ingrédients locaux et de saison, assiettes gourmandes parfaitement mitonnées, jolie terrasse et atmosphère décontractée.
Giri Café, l’une des tables incontournables de l’île, réservée aux initiés tant l’entrée sur la place principale est si discrète qu’on hésite à pénétrer dans le couloir sombre. Il débouche pourtant sur un jardin secret, grand ouvert sur la campagne fertile de l’île. Cuisine innovante et raffinée comme la salade d’algues colorée de fleurs ou le cheesecake à l’avocat, parfumé à la citronnelle et au citron vert…

Le livre à emporter dans sa valise ? L’envers et l’endroit, première œuvre d’Albert Camus.

La song à inclure dans sa playlist ? La Notte de Cassius.

Et surtout où boire son Spritz ? Un vrai dilemme de n’en citer qu’un pour cette île, vous l’aurez compris. Nous avons cependant une affection particulière pour La Torre à l’heure du coucher de soleil.

Si j’avais su, …

En bon agoraphobe, j’aurais évité d’aller à Ibiza en juillet-août. Sinon, c’est quand vous voulez ! La majorité des restaurants ouvrent entre mi-avril et fin octobre. L’hiver est doux et bien que souvent arrosé, le printemps est agréable et propice à la randonnée. La meilleure saison est selon nous le mois de septembre, avec les plages semi-désertes baignées d’une mer encore chaude. Et si par ailleurs, le démon du dance floor vous prend un soir, il y a les fameuses soirées closing au sud de l’île à cette période de l’année.

J’aurais tenté la randonnée vers la crique réservée aux initiés d’Es Portixol, nichée au nord de l’île, près du village de San Miguel. Ici, vous ne croiserez pas de flots de touristes, mais seulement des locaux et des habitués. Et pour cause : cette crique, qui figure parmi les plus belles d’Ibiza, est difficilement accessible. On la rejoint uniquement à pied, en marchant une bonne trentaine de minutes au bord de la falaise, ou par bateau, en longeant les côtes escarpées de l’île. Marchez encore un peu avant de poser votre serviette. Au-delà du croissant que forme la minuscule baie d’Es Portixol, vous découvrirez des dizaines de petites piscines naturelles, creusées dans les rochers. Installez-vous et trempez vos pieds dans l’eau cristalline, chauffée par le soleil. Un plaisir simple dont on ne se lasse jamais.

Je n’aurais pas posé ma foutah à Cala Salada, mais j’aurais longé les falaises bordées de pins pour atteindre en 5 minutes la Cala Saladeta, sa petite sœur où le bleu intense de la Méditerranée laisse place au turquoise cristallin.

Après avoir fait le tour des criques, des grandes plages, des ruelles de Dalt Villa, des restaurants, des marchés hippies et des boutiques…, j’aurais fait le tour des bodegas, des fermes organiques, des randonnées et pourquoi pas des boites de nuit ! Bref, on vous revoit dans 10 ans. Ou jamais.

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